Comment calculer le décaissement de ma retraite ?
- Tom Madon

- 14 mai
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 2 jours
Après avoir accumulé de l'épargne tout au long de votre vie active avec discipline, vous voici à l'aube d'une étape cruciale : la retraite. Si bâtir un capital est un défi, savoir comment retirer cet argent de façon optimale est un véritable art. C’est ce que l’on appelle la stratégie de décaissement.
Un plan de décaissement mal calculé peut vous faire payer beaucoup trop d'impôt ou, pire encore, vous faire épuiser vos économies prématurément.
En tant que planificateur financier, je vous explique comment calculer le décaissement de votre retraite de manière fiscalement avantageuse afin de faire durer votre capital tout en conservant votre style de vie.

Qu'est-ce qu'un plan de décaissement et pourquoi est-il crucial ?
Le décaissement désigne l'ordre et la méthode que vous utiliserez pour retirer votre épargne (REER, CELI, comptes non enregistrés) et réclamer vos revenus gouvernementaux une fois à la retraite.
Un bon calcul de décaissement vise un triple objectif :
Minimiser votre facture fiscale année après année.
Contrer l'inflation pour maintenir votre pouvoir d'achat.
Prévenir le risque de longévité, c'est-à-dire vous assurer de ne pas survivre à votre épargne.
4 étapes essentielles pour calculer le décaissement de votre retraite
1. Évaluer vos besoins et établir un budget de retraite
Avant même d'analyser vos placements, posez-vous la question : de combien d'argent aurai-je besoin ? La retraite n'est pas un bloc uniforme. Généralement, les premières années sont actives et coûteuses (voyages, rénovations, loisirs), tandis que les dépenses peuvent diminuer par la suite avant de remonter pour des besoins de santé ou d'hébergement. Déterminez un montant cible réaliste pour vos dépenses annuelles.
2. Faire l'inventaire de vos sources de revenus
Pour maintenir votre niveau de vie, vous pigerez dans différentes poches. Dressez la liste de tous vos acquis :
Les rentes gouvernementales : Le Régime de rentes du Québec (RRQ) et la Pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV).
Les régimes de l'employeur : Fonds de pension à prestation ou cotisation déterminée.
L'épargne personnelle : REER, FERR, CELI, CRI, FRV, et comptes non enregistrés.
3. Déterminer le meilleur moment pour demander le RRQ et la PSV
Une erreur fréquente est de réclamer ses rentes du gouvernement dès 60 ou 65 ans par simple automatisme. Pourtant, retarder votre demande de RRQ après 65 ans (jusqu'à 72 ans maximum) bonifie votre rente de 8,4 % par année de report. Bien souvent, puiser dans vos REER ou vos comptes non enregistrés en début de retraite pour vous permettre de reporter le RRQ et la PSV s'avère être une stratégie très payante à long terme.
4. Appliquer le bon ordre de retrait
Il n'existe pas de recette universelle, mais l'ordre de décaissement classique pour payer le moins d'impôt possible est souvent le suivant :
Les comptes non enregistrés en premier : Vous profitez ainsi d'une imposition avantageuse sur le gain en capital et les dividendes.
Les REER (puis FERR) : Vous devrez obligatoirement convertir vos REER en FERR à l'année de vos 71 ans et commencer des retraits minimaux. L'objectif est de retirer stratégiquement de ces comptes pour rester dans un palier d'imposition inférieur.
Le CELI en dernier : Conservez cet abri fiscal le plus longtemps possible. Les retraits du CELI sont totalement libres d'impôt et n'ont aucun impact sur le calcul de vos prestations gouvernementales.
Stratégies avancées pour payer moins d'impôt à la retraite
L'optimisation fiscale est au cœur du calcul de votre décaissement. Voici deux leviers puissants à ne pas négliger :
Le fractionnement du revenu de pension : Si vous avez un(e) conjoint(e), la loi vous permet de fractionner jusqu'à 50 % de vos revenus de retraite admissibles. Cela peut faire chuter drastiquement l'impôt global de votre couple.
La gestion des paliers d'imposition : Calculez vos retraits pour combler précisément les tranches d'imposition les plus basses, sans jamais déborder inutilement dans le palier supérieur.
Les erreurs fréquentes à éviter lors du décaissement
Oublier l'impact de l'inflation : Si votre portefeuille est trop "sécuritaire" (rendement de 2 % par exemple) et que l'inflation est à 3 %, vous vous appauvrissez. Vos placements doivent conserver une certaine croissance.
Croire que le plan est figé : La retraite dure parfois 30 ans ! Un plan de décaissement n'est pas un document qu'on range dans un tiroir. Il doit être révisé annuellement en fonction des marchés boursiers, de votre état de santé et des nouvelles lois fiscales.
L'importance d'être accompagné par un professionnel
Calculer le décaissement de sa retraite est d'une grande complexité. Un logiciel de simulation en ligne ou une simple règle mathématique ne remplacera jamais l'analyse globale d'un planificateur financier.
Chaque décision que vous prenez (impôt, succession, tolérance au risque) a un impact direct sur les autres aspects de vos finances.
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