Quand convertir son REER en FERR au Québec ?
- Tom Madon

- il y a 3 jours
- 4 min de lecture
Le transfert de votre REER vers un FERR marque un tournant que beaucoup de gens voient venir sans vraiment s'y préparer. On accumule pendant des décennies, puis un jour il faut passer en mode décaissement. Ce changement de cap mérite qu'on s'y attarde — parce que le moment choisi pour effectuer cette transition peut faire une différence réelle sur ce que vous paierez en impôt et sur ce que vous conserverez.

Beaucoup de Québécois croient qu'il faut attendre l'âge limite fixé par le gouvernement. En réalité, choisir le bon moment est une décision stratégique à part entière, et elle peut avoir un impact important sur vos impôts et vos prestations gouvernementales.
La date limite absolue : le 31 décembre de vos 71 ans
La règle de base de l'Agence du revenu du Canada est stricte : vous devez convertir votre REER en une option de revenu de retraite, comme un FERR, au plus tard le 31 décembre de l'année où vous célébrez votre 71e anniversaire.
Si vous ne faites rien avant cette date, la totalité de votre REER pourrait être liquidée d'un seul coup. Ce montant s'ajouterait alors à votre revenu imposable de l'année — avec des conséquences fiscales que vous préféreriez éviter.
Une fois votre REER transformé en FERR, vous devrez retirer un montant minimum chaque année à partir de l'année civile suivante, soit l'année de vos 72 ans.
Pourquoi convertir son REER en FERR avant 71 ans ?
Attendre à la dernière minute n'est pas toujours la meilleure approche. À partir de 65 ans surtout, il existe de bonnes raisons d'envisager la conversion de façon anticipée.
Profiter du fractionnement du revenu de pension
Les retraits d'un REER ne peuvent pas être fractionnés avec votre conjoint. Mais dès 65 ans, les revenus provenant d'un FERR deviennent admissibles au fractionnement du revenu de pension. Vous pouvez transférer jusqu'à 50 % de vos retraits FERR sur la déclaration de revenus de votre conjoint, à condition que celui-ci se trouve dans une tranche d'imposition inférieure à la vôtre. Le résultat est concret : la facture fiscale du couple diminue.
Réclamer le crédit d'impôt pour revenu de pension
Dès 65 ans, vous avez droit à un crédit d'impôt non remboursable sur les premiers 2 000 $ de revenus de retraite admissibles. Les retraits d'un REER ordinaire ne sont pas admissibles à ce crédit. En convertissant une partie de votre REER en FERR et en retirant 2 000 $ par année, vous générez un revenu qui sera pratiquement libre d'impôt grâce à ce crédit.
Éviter la récupération de la Sécurité de la vieillesse
Si votre REER est bien garni et que vous attendez 71 ans pour ouvrir votre FERR, vos retraits minimums obligatoires risquent d'être élevés. Combinés à vos autres revenus — RRQ, pensions, placements — ils pourraient déclencher l'impôt de récupération sur la pension de la Sécurité de la vieillesse, ce qu'on appelle souvent le clawback.
Commencer à décaisser plus tôt, à des montants plus modestes, permet d'éviter ou d'atténuer cet effet.
Comment est calculé le retrait minimum obligatoire ?
L'argent dans un FERR continue de croître à l'abri de l'impôt, mais le gouvernement exige que vous en retiriez un pourcentage chaque année. Ce pourcentage augmente avec l'âge.
Si vous ouvrez votre FERR à 71 ans, le retrait minimum obligatoire pour l'année suivante sera de 5,28 % de la valeur totale du compte. Ce pourcentage grimpe progressivement avec les années — il atteint 18,79 % à 94 ans et plafonne à 20 % à partir de 95 ans.
Astuce de pro : utilisez l'âge de votre conjoint pour calculer le retrait minimum
Au moment d'ouvrir votre FERR, vous pouvez choisir de baser le calcul du retrait minimum sur l'âge de votre conjoint plutôt que sur le vôtre. Cette décision est irréversible, alors elle mérite réflexion. Si votre conjoint est plus jeune, le pourcentage exigé sera plus bas, ce qui vous permet de laisser davantage d'argent fructifier à l'abri de l'impôt d'une année à l'autre.
Peut-on retirer plus que le minimum ?
Oui, vous pouvez retirer des sommes supplémentaires en tout temps, sans plafond. Gardez simplement en tête que chaque dollar retiré d'un FERR s'ajoute à votre revenu imposable.
Si vous retirez le minimum mais que vous n'avez pas besoin de ces fonds immédiatement, une bonne pratique consiste à transférer l'argent
résiduel — après impôt — dans votre CELI, à condition d'avoir des droits de cotisation disponibles. Votre argent continuera de fructifier à l'abri de l'impôt, avec toute la flexibilité que le CELI offre.
Ne laissez pas l'impôt dicter votre retraite
La conversion de votre REER en FERR n'est pas une simple formalité administrative. C'est une composante centrale de votre stratégie de décaissement, et chaque situation est différente. Les règles fiscales peuvent jouer en votre faveur, à condition de les connaître et de les anticiper.
Vous voulez savoir si vous décaissez vos actifs dans le bon ordre et au bon moment ? Je vous offre une évaluation gratuite de votre planification de retraite. Ensemble, nous analyserons votre situation pour déterminer à quel âge ouvrir votre FERR, comment structurer vos retraits et comment réduire votre fardeau fiscal le plus possible.




Commentaires